Les années de guerre sont des années difficiles pour Bosco. En 1940 il se lie d’amitié avec le peintre André Marchand, vendant occasionnellement et parvenant à vivre grâce à quelques subsides de sa famille. Il réalise toutefois sa première exposition personnelle à Paris en 1943, à la Galerie Roussel, boulevard Saint-Germain. À la mort de son père en 1945, le peintre retourne dans sa famille en Italie, après quinze ans d’absence. Il y restera jusqu’en 1946. Il revient ensuite à Paris, où il peint, replié sur lui-même, parvenant à vivre grâce à la restauration de tableaux.
Pierre Bosco connaîtra enfin le succès dans les années cinquante. À cette époque il crée à Saint-Germain-en-Laye l’Association des Peintres Indépendants (A.P.I.) regroupant ses amis peintres. Il organise des expositions où figurent Jean Souverbie, Roger Chastel, les Frères Vera, Antoni Clavé, Gomery et Edoardo Samartino. Après avoir participé à la 1ère Biennale del Mare à Gênes d’octobre à novembre 1951, il expose l’année suivante parmi d’autres artistes à la Galerie Vivet, rue de l’Université, à Paris.
En 1953, après avoir fait une exposition de groupe au Pavillon Louis XIV, il participe au Troisième Salon d’Art sacré au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, avec une Descente de Croix très remarquée. L’année suivante, Mme Baignol, propriétaire de la Galerie Le Hérisson à Saint-Germain-en-Laye, organise une exposition de cinquante toiles, dont une Descente de Croix, une Place du Château à Saint-Germain-en-Laye, un Arlequin et une Course à Auteuil. Dans la préface de Ernest René Collot, consacrée à Bosco, on peut lire: « Le peintre tend à construire ce qui dans la nature se dérobe le plus à la construction ». À l’occasion de cet événement, le peintre rencontre le poète Guy Lavaud qui lui consacrera dès lors de nombreux articles. Pour lui, Bosco est un puissant de la peinture, un visionnaire. Le 4 décembre, il figure de nouveau dans cette galerie parmi d’autres artistes. Y sont conviés les poètes Pierre Seghers et Jean Rousselot.
Durant trois années consécutives il sera sélectionné pour le prestigieux prix Othon Friez au Musée des Arts Décoratifs de Paris.
En 1955, la Galerie M. Forein du Faubourg-Saint-Honoré le sollicite en vue d’une exposition abstraite. Bosco, après mûre réflexion, refuse de s’engager. À une période où l’art abstrait s’infiltre dans l’Ecole de Paris, influençant les jeunes peintres comme Alfred Manessier, Pierre Tal Coat, Jean Bazaine et bien d'autres, Bosco a fait l’expérience de l’abstrait pur mais, comme il le reconnaît lui-même : « Je me suis rendu compte que, en travaillant de la sorte, à mon insu, je réalisais toujours, plus ou moins, le même tableau ». Pour l’artiste avide de nouvelles expériences, l’abstrait est un moyen facile de répéter un système et de s’y enfermer. Il retourne à la figuration, réservant principalement le langage non figuratif aux œuvres sur papier.